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Expliquer/Dévoiler

Aujourd’hui, peindre est mon quotidien alors que précédemment, peindre avait toujours voisiné mon activité scientifique. Je n’ai jamais abandonné l’un au profit de l’autre, considérant que ce sont deux activités à connaissance qui peuvent s’enrichir l’une de l’autre, bien que j’aie toujours défendu que science et art sont deux domaines de production bien distincts.

La science vise à rendre intelligible les organisations de notre univers, matérielles, immatérielles, vivantes et sociales, des plus petites aux plus vastes, par la découverte des éléments, des structures et des activités qui les organisent. L’art permet de dévoiler notre Être-au-Monde, par la création d’objets et de représentations qui figurent et rendent visible la relation de coexistence que nous développons avec notre univers. Avec deux finalités distinctes, explicative pour la science, de dévoilement pour l’art, ces deux domaines de production ont au moins en commun la recherche de ce qui est au-delà du visible et des perceptions communes.

Figurer/Composer

Je considère que la peinture est avant tout interrogation et invention. Mon travail se nourrit de contraires, figuration/abstraction, représentation/création, commun/singulier, etc.

Toiles et papiers sont conçus et réalisés à partir d’objets picturaux, choses, paysages, animaux, personnages, etc. En cela, ma peinture a une dimension figurative. Ces objets picturaux sont comme des prétextes à l'exercice de la peinture, de la composition. Ce qui importe est l’espace de la toile, du papier et ce qui s’y fait. Ma peinture ne vise pas effacer les réalités qui la fondent ; elle vise un dévoilement par la création d’un monde en soi, conçu sur des traces du réel perçu ; en cela elle a une dimension abstraite.

Et peut-être qu’au bout du compte j’aimerai arriver à composer à partir de n’importe quoi, de n’importe quel objet, le résultat étant une émergence dont la validité tient du processus de création et de la valeur de la composition ; j’entends par composition quelque chose qui apparaît comme un tout organisé, et qui doit probablement raconter quelque chose.
L’important est avant tout le travail de réalisation, piloté par la recherche de la composition et l’émergence de la spontanéité. Fondamentale, la réalisation n’évacue pas le travail préparatoire, le dessin. Bien au contraire, la figuration est nécessairement fondée sur une appropriation du monde environnant, de ses plus simples objets, aux paysages. Cette appropriation est le fruit d’un travail permanent de dessin.

Les œuvres que je trouve réussies sont celles pour lesquelles la réalisation, c'est à dire l'acte même de la peinture, l'a emporté sur le projet initial, un dessin et une idée du résultat. La réalisation s'en est échappée pour faire apparaître un résultat non attendu. Peut-être qu’une partie de la peinture est un anti-projet. Il ne peut pas y avoir d’art qu’avec sa part conceptuelle, d’art sans la matérialité de la réalisation.

Jusqu'aux années 2000, la majorité de mes formats, dominés par le carré, s'échelonnaient du 60.60 au 120.120. A partir des années 2000, je me suis confronté au petit format, un exercice qui reste périlleux.

Quatre ensembles

 
Les dessins, toiles et papiers, peuvent être présentés de multiples façons, par la date de réalisation, par les techniques employées, etc. Concrète, elle peut être présentée par les types d’objets picturaux qui, jusqu’à ce jour, ont été utilisés de façon dominante, des types en nombre assez restreints. Ce n’est pas une partition qui résulte de ce classement, puisqu’une réalisation peut associer plusieurs objets. Je propose quatre ensembles :

 
Animalité/Humanité, Objet/sans Objet, Fruit/Fleur, Ville/Paysage



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